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Blog - Journal de bord
Samedi 21 mars 2009 : la ‘Petite’ retourne au bercail !
Modifié le 21/03/2009 à 13:48:39
Journée mémorable, véritable fin du ‘Paris-Gobi’ : la ‘Petite’ a fait les derniers kilomètres, par la route, pour rentrer à la maison, à Senningen. Jean-Philippe avait fait le nécessaire pour qu'elle puisse reprendre la route, malgré le moteur un peu bancal, tournant toujours sur trois cylindres. C'est sous un soleil radieux de ce premier beau jour du printemps que nous sommes rentrés au Grand-Duché de Luxembourg :
![]() Puis c'était l'arrivée à Senningen, où tout commença le 7 juillet 2007... Un peu émouvant, tout de même... Voilà. Ce blog restera silencieux désormais, témoignage de notre beau voyage. La suite, ce sera une nouvelle aventure. À lire sur le nouveau blog, sur ce même site : ‘Autour du Monde avec la ‘Petite’ !
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Merci à vous tous !
Modifié le 01/01/2009 à 08:44:58
Le voyage est donc bel et bien terminé... Je tiens à remercier ici tous ceux qui l'ont rendu possible.
D'abord, un grand merci à tous mes généreux sponsors (cités dans l'ordre d'importance de leur contribution) : Gazoline - Pixel Press Studios (Jean-Jacques Dupuis) Voyages Émile Weber (Roly et Fernand Heinisch, Guy Schmit, Émile Weber) Assurances le Foyer (Xavier Linder, Valérie Sayrignac, Charles Wiltgen) Uni Credit International Bank, Luxembourg (Giovanni Giallombardo) Rectification 2000 (Patrick Millet) Michelin (Françoise Longley et Bruno Coué) KAPshop (Peter Bults) CBC, Luxembourg (Germain Jung, Éric Meyer, Cédric Fouquet) Dynolite (Laurent Dutoya) Multic (Armel Le Gourrierec) B2H (Patrick) Aprotec Record Green Filter (Alain Brasseur) Je tiens à mentionner l'aide précieuse que j'ai reçu de Son Excellence Edouard Malayan, Ambassadeur de la Fédération de Russie au Luxembourg et Son Excellence Carlo Krieger, Ambassadeur du Grand-Duché de Luxembourg à Moscou. Ensuite, j'embrasse celles et ceux qui ont partagé l'aventure avec moi: Igor (‘moj droug’), Naraa, Marie-Xavier, Marie-Jeanne, Martine, Nick et Svetlana, et mes guides Micha (Baïkal) et Slava (Mongolie). J'embrasse également toutes celles et ceux qui m'ont accueilli si chaleureusement tout au long de la route. Je tiens à citer tout particulièrement: Irmgard à Gornau (Allemagne), Magda et Grzegorz à Cracovie (Pologne), Sacha, Natacha et Valentina à Rostov-sur-le-Don (Russie), Dima et Lena à Samara (Russie), Katia à Tomsk (Russie), Tatiana, Valeryi et Ksenia à Krasnoyarsk (Russie), Youlia, Vladimir et Marina à Tulun (Russie), Irina et Natacha à Irkutsk (Russie), Micha dans sa datcha près de Timlui (Russie), Svetlana et Igor à Ulan-Ude (Russie), Eva et Andrey à Ust-Barguzin (Russie), Katya et Tolya à Severobaïkalsk (Russie), Naraa et Ganaa à Ulaanbaatar (Mongolie), Tanya et Alyona à Ulan-Ude (Russie) et Mère Arsenya au monastère de Baturino (Russie). Un grand merci également à vous tous, qui avez suivi ce journal. Merci pour vos commentaires, vos encouragements. J'espère vous retrouver bientôt pour l'aventure suivante... Et pour finir : « Merci, ‘Petite’, pour ton incroyable courage, ta force, ta persévérance. Avec toi, j'irai au bout du monde ! »
La ‘Petite’ - le retour !
Modifié le 31/12/2008 à 11:27:25
Après un périple de 4 mois, le container arrive enfin en Europe ! Il a fait du camion, puis du train en Mongolie. La ‘Petite’ a retraversé le Gobi une troisième fois, mais cette fois-ci sans le voir. Arrivé à la frontière chinoise, longue attente (transports bloqués pour raison de Jeux Olympiques, même deux mois plus tard !), changement de largeur de voie... Pékin enfin, mais pas en entrée triomphale, plutôt en traversée clandestine... Le port de Tientsin (Tianjin), la mer de Chine, l'océan Indien, l'Atlantique, le port du Havre ! De là, un camion l'emmène à Verneuil-sur-Avre dans l'Eure, où se trouvent les dépôts de la firme Mongolyurt.
![]() Jeudi 18 décembre... Un grand jour ! Les portes s'ouvrent ! La lumière du jour, enfin ! On décharge les yourtes, on fait descendre un 4x4, et voilà que c'est au tour de la ‘Petite’... ![]() « Ouf, de l'air enfin ! » ![]() Lundi 29 décembre. Je fais la route de l'Eure. Accueil chaleureux chez Annick Marneur (la mère de Sébastien) et toute la joyeuse bande de Mongolyurt. Retrouvailles avec la ‘Petite’, encore recouverte de la poussière du Gobi. On la charge sur le plateau. Déjeuner avec la troupe de Mongolyurt : l'hospitalité mongole s'étend jusqu'à la France profonde ! Et nous reprenons la route vers le Luxembourg. ![]() Des autoroutes, des péages... quel changement par rapport aux routes russes, au lac Baïkal, aux pistes de Mongolie ! Cela faisait un an et demi qu'elle n'avait plus vu une chose pareille ! La ‘Petite’ est toute dépaysée... ![]() Au bout de 500 kilomètres de route, on arrive chez Jean-Philippe, à Veymerange près de Thionville, où la ‘Petite’ trouve refuge dans son garage. Il n'est pas encore tout à fait clair où la ‘Petite’ va être restaurée, ni par qui. Mais il y a de fortes chances que je fasse les travaux avec Jean-Philippe, excellent mécanicien et un ami avec lequel la ‘Petite’ et moi avons déjà affronté les cols alpins en 2005. Voilà. C'est la fin de ce journal. On ferme la page. Mais une autre aventure se profile à l'horizon, plus ambitieuse encore... Revenez régulièrement sur ce site, car un nouveau blog va bientôt être créé : Le tour du monde de la ‘Petite’
Baturino (18-19 août 2008)
Modifié le 31/12/2008 à 05:29:50
Je m'étais juré de revoir Arsenya, la Mère Supérieure du couvent de Baturino. Nous avons encore des choses à nous dire. Véritable expédition. Avec Tanya, on commence par prendre une marshroutka jusqu'à l'embranchement de la route vers Kumbiska et Lenina. Nouvelle marshroutka, qui traverse la montagne direction Turuntaevo et Ziriansk, où le minibus fait une courte halte. Nous nous promenons dans le petit village avec son église blanche. On reprend la route. Quelques kilomètres plus loin, nous descendons au monastère. Accueil chaleureux. On nous sert un copieux repas avec salade et poisson fumé dans le réfectoire. Il y a du thé, du pain, du miel, des friandises. La vie monacale a ses bons côtés ! Après une sieste dans la bibliothèque, Mère Arsenya vient nous chercher pour une promenade vers la croix sur la montagne qui surplombe le monastère. Elle porte un petit sac à dos. Toujours coiffée de sa calotte noire, sous son long habit noir se cache le corps de celle qui était, jadis, dans sa Caucase natale, une adepte d'alpinisme. Dès que nous nous attaquons à la pente abrupte qui traverse la forêt, elle avance d'un pas assuré et rapide. Je m'efforce de la suivre et j'y parviens, mais il est clair qu'elle est en meilleure condition physique que moi. Tanya traîne loin derrière et nous devons faire plusieurs haltes pour l'attendre. La forêt est belle, ça sent la résine, il y a des champignons, des insectes, des araignées... Créatures de Dieu pour Mère Arsenya, merveilles de l'évolution pour moi. La beauté environnante, malgré nos philosophies si différentes, nous unit.
![]() Parvenus au sommet, à côté de la Croix qui surplombe la vallée, je laisse Mère Arsenya à ses prières. ![]() Puis, nous nous installons sur les rochers au pied de la Croix. En bas, le monastère blanc coiffé de ses coupoles vertes. ![]() Mère Arsenya ouvre sa besace et en sort un thermos de thé, des gâteaux, des pommes. Tout en dégustant ces bonnes choses, elle me raconte sa vie. Sa jeunesse au pied du Caucase et aux abords de la mer Noire, sa mère, les raisons qui l'ont poussée à embrasser une vie monastique. Parfois elle s'interrompt pour chercher le mot juste en anglais. C'est une femme dotée d'une vive intelligence, d'une grande sensibilité. Bien que plus jeune que moi, elle semble empreinte d'une grande sagesse dépassant la mienne. Son statut de ‘Mère’ est justifié. Elle inspire confiance, elle rayonne de bonté. Je me raconte et me confie à mon tour. Elle note les noms Marie-Xavier, Olivier, Yann sur un morceau de papier. Elle me promet qu'elle priera pour eux. Et venant de cette femme exceptionnelle, cette pensée me satisfait et m'apaise. En fin d'après-midi, nous redescendons de la montagne. Sur la route poussiéreuse qui mène vers le monastère, Tanya, Mère Arsenya et moi sommes précédés par nos ombres. ![]() Je m'essaie à une séance de KAP, mais dans les courants d'air turbulents autour du clocher, le Fled se retourne soudainement et s'écrase sur une chapelle. C'est avec beaucoup de mal qu'aidé de Tanya, j'arrive à récupérer cerf-volant et appareil photo. Je monte dans la tour du clocher, qui offre non seulement une vue sur la campagne environnante et les jardins potagers, mais aussi sur les élégantes réserves de bois du monastère. ![]() ![]() Une jeune religieuse, Sœur Vera, s'adonne avec une joie évidente à faire sonner toutes les cloches du carillon. ![]() Le soir, Tanya et moi aidons Sœur Ekaterina, Sœur Irina - une musicienne qui a préféré la vie monastique à celle de l'orchestre - et une autre hôte, Lia, à écosser une montagne de fèves qui seront congelées pour l'hiver. ![]() L'atmosphère est paisible. Pendant que nos mains s'affairent, j'écoute la conversation des quatre femmes. Je n'ai pas besoin de comprendre. Je m'empreins des sons... ![]() Tanya et Lia passent la nuit dans la bibliothèque. Moi, je dors dans la petite bâtisse près de la grille d'entrée du monastère avec un moine travailleur de passage. Quelqu'un de bourru qui ne m'adresse pas plus de deux mots. Le lendemain, il fait froid, le ciel est gris et l'on annonce des orages. Avec Tanya, on décide de rentrer à Ulan-Ude. Après le petit-déjeuner, nous faisons nos adieux à Mère Arsenya. Comme il ne passe que très peu de minibus sur cette route, je décide de faire du stop. Une fois en place, je constate à ma grande frustration que les seules voitures qui passent roulent vers le nord, alors que nous devons voyager dans l'autre direction. Tanya, dont l'anglais est parfois difficile à comprendre, me dit quelque chose comme « Grâce à Mère Arsenya, on va y arriver ». Va pour les prières de la religieuse... Au bout d'un moment, un break blanc apparaît en haut de la colline. La première voiture depuis une vingtaine de minutes qu'on est là à rouler vers le sud. J'avance, exhibe un large sourire et agite ma main, pouce levé. La voiture ralentit et vient se garer sur le bas-côté. Je jubile, avant de découvrir à ma grande surprise que le conducteur n'est personne d'autre que Mère Arsenya en personne ! Nous prenons place sur la banquette arrière. La religieuse, toujours coiffée de sa calotte noire, démarre en trombe et roule à une vitesse impressionnante sur la route mouillée par la pluie. De temps à autre elle regarde l'heure. C'est une véritable course contre la montre, pour ne pas louper la dernière marshroutka au départ de Turuntaevo. Deuxième adieu. Avec quelque difficulté, nous trouvons chacun une place dans deux minibus différents. En route vers Ulan-Ude, pour mes derniers jours sur le sol russe.
Ulan-Ude (16-22 août 2008)
Modifié le 30/12/2008 à 21:29:53
C'est ainsi que je débarque dans l'appartement d'Alyona et Liza. Alyona, la mère, une grande femme aux volumes impressionnants, m'accueille et pendant les quelques jours passés chez elle n'a pas cessé de m'entourer de toute sa générosité. Elle prépare continuellement des repas. À toute heure de la journée, sa table est mise avec une profusion de plats : soupes, poissons, viandes, pommes de terre, salades, tomates, cornichons, pain...
![]() Liza, sa fille, est un véritable petit clown qui m'a tout de suite adopté. Je dispose de sa chambre, où je dors entouré de peluches et de photos et dessins de chevaux punaisés aux murs, pendant qu'elle dort avec sa mère. ![]() Alyona est non seulement grande, mais aussi forte en gueule. Une nuit, je suis réveillé en sursaut. Elle se trouve sur son balcon, ses pieds bien campés sous ses mollets impressionnants, en train d'engueuler les flics qui sont venus embarquer un couple d'ivrognes qui faisait du tapage nocturne. Visiblement, elle n'apprécie guère les méthodes policières et ne semble pas impressionnée par les uniformes de la militsia... Il faut dire qu'elle a elle-même porté pendant des années l'uniforme de l'Armée Rouge. Elle était infirmière chef et a servi longtemps en Mongolie. Avec l'effondrement de l'Union Soviétique, elle a perdu son emploi et depuis, comme beaucoup de Russes, elle se débrouille. Pourtant cette forte femme (à tous points de vue !) a le cœur tendre. Le soir, quand elle regarde sa série télévisée indienne sortie des studios de ‘Bollywood’, elle pleure à la fin de chaque épisode. Je passe les journées en compagnie de Tanya, à faire des courses, à visiter la ville, à mettre mon journal en ligne. Pendant deux jours, nous nous sommes rendus au monastère de Baturino (récit ci-après). Pour ma petite amie Liza, je fais le pitre. Grand succès quand je coiffe une perruque noire appartenant à sa maman ! ![]() Le dernier soir, j'invite Tanya, Alyona et Liza dans un des rares restaurants ‘chics’ de la ville. Le grand tralala, avec vin chilien, danseuse du ventre et orchestre... Pour l'occasion, Alyona s'est faite belle : sa coiffure ressemble à une barbe à papa teintée d'orange ! Ses vêtements moulants mettent bien en évidence son ventre et sa poitrine ! Elle déborde d'enthousiasme et semble passer la soirée de sa vie. Alors que Tanya et moi dégustons le vin, elle écluse une vodka après l'autre et devient de plus en plus exubérante avec sa voix tonitruante. Depuis les tables voisines, on me dévisage avec mes deux femmes et ma fille... Pas de quoi se sentir tout à fait à l'aise ! Le lendemain, Vanya vient me chercher avec sa vieille Lada pour m'emmener à l'aéroport. Alyona me serre dans ses bras en pleurant. Tanya, serviable comme toujours, m'accompagne. L'enregistrement des bagages se fait dans une pagaille extraordinaire. J'ai du surpoids, comme toujours. Quand on me présente la note, je me fâche : « Comment ? Vous m'avez perdu un bagage, il y a plus de six semaines, que vous n'avez toujours pas retrouvé, et vous osez me faire payer dix misérables kilos supplémentaires ? » Ma colère porte ses fruits, et l'on me laisse passer sans surcharge. Quand l'avion décolle direction Moscou, je me demande si je reverrai un jour Ulan-Ude, ville sibérienne désormais si familière, centre d'accueil pour la ‘Petite’ et base de départ pour nos expéditions au Baïkal et en Mongolie... Sans compter les nombreux amis que je m'y suis faits: Igor et Sveta, Misha, Tanya, Alyona... |
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