Français
  English
  Me contacter
Vous êtes le 61044ème visiteur

Accueil
 

Autour du monde avec la "Petite"
31000 km en 4CV

> Blog - Journal de bord
> Images de Autour du monde
 

Paris-Pékin
16000 km en 4CV

> Pourquoi ce voyage?
> Blog - Journal de bord
> Images de Paris à Pékin
 

La vie sous-marine
Amoureux de la Mer

> Une passion
> La photographie sous-marine
> Livre "Écologiquement Vôtre!"
 

Le Méridien Zéro
Parallèles sur le Méridien

> Pourquoi Greenwich?
> Photos du Méridien Zéro
> Livre "Greenwich"
 

Photographie
Galerie de photos

> La photographie sous-marine
> Photos du Méridien Zéro
> Images de Paris à Pékin
> Carnaval de Venise
 

Biographie
Qui suis-je?
 

Publications

> Les livres
> Les magazines
> Les publications scientifiques
 

Me contacter

Blog - Journal de bord



Le trajet autour du monde :









Vancouver (jeudi 2 septembre 2010 - 87 km)
Modifié le 05/09/2010 à 02:48:50


 Ma journée commence aux aurores, avec vue sur notre fjord magnifique.

Nous prenons le ferry de Swartz Bay à Tsawwassen. “La Petite” est enregistrée comme undersized vehicle... C'est un peu vexant, après tout ce qu'elle a déjà fait, de ne pas être considérée comme une adulte!

La traversée, qui dure une heure et demie, se passe sous un soleil radieux cette fois. Au loin, nous apercevons le Mount Olympus (2427 m), dans l'état de Washington, USA.

Nous nous rendons d'abord à l'hôtel dans la banlieue de Vancouver que Jaap a réservé. Car Vancouver est à la fois sa destination finale et celle où j'accueillerai mon prochain copilote, Annemarie Vasseur, dimanche prochain. Jaap et moi allons passer plusieurs jours ici. Ce sera l'endroit pour souffler un peu. Mais je dois aussi écrire plusieurs articles (pour Le Jeudi, pour LVA, pour Plongeurs International). Je suis à la retraite, certes, mais c'est loin d'être en vacances! J'attends également un colis avec des pièces de rechange pour “La Petite”, paquet qui a été expédié aujourd'hui par Jean-Pierre Delaunoy de la firme Web Pièces Rétro à Suresnes. Jaap, qui est venu souvent à Vancouver, y a des amis: Peter Kiss est sculpteur, Tania Gleave peintre. Lorsque nous arrivons devant leur galerie à Granville Island dans le centre de Vancouver, il y a une immense bannière au-dessus de la rue. Je n'y fais pas trop attention, mais une fois les présentations faites, Peter pointe dessus. À ma surprise je découvre un message de bienvenue, fait à l'initiative de Peter, par son assistante Leslie Kennah:

C'est simplement incroyable! Et dire que Jaap et moi sommes venus par les transports en commun... Nous promettons de revenir samedi, AVEC “La Petite”, pour qu'elle puisse poser sous cette bannière faite spécialement pour elle. Le travail de Peter est à l'image du personnage: original et drôle (d'autres photos sont sur “Images d'autour du monde”).

Avec un ami de Peter et Tania, Ian McDonald, nous nous rendons dans les hauteurs derrière Vancouver, pour inspecter une rivière. La migration des saumons est en plein cours, et j'aimerais les prendre en photo. Mais à l'endroit que nous visitons, l'eau ne me semble pas assez limpide pour de bonnes photos. La soirée se poursuit avec un dîner chez Peter et Tania, dans leur maison, aussi artistique que les propriétaires (et décorée par eux).

Soirée agréable, discussions animées, dîner délicieux, et un crépuscule, vu depuis la terrasse de nos amis artistes, à la hauteur de l'aurore du matin... Une autre belle journée dont je me souviendrai!





Züst alors ! (mercredi 1 septembre 2010 - 119 km)
Modifié le 02/09/2010 à 18:04:19


Réveil tôt (comme toujours!), avec vue, depuis notre terrasse à Malahat, sur un fjord magnifique, le Saanich Inlet, qui fait à son tour partie du Détroit de Georgie, entre l'île de Vancouver et le continent.

Aujourd'hui, nous avons un rendez-vous très spécial. Revenons un peu sur la course de 1908. J'ai déjà parlé longuement de la Thomas Flyer, animé par le très volontaire et déterminé mécanicien/pilote américain George Schuster. Je me suis aussi attardé sur les (més)aventures du jeune lieutenant allemand Hans Koeppen. Mais j'ai encore très peu parlé de l'équipe italienne. Elle est surtout connue par le nom d'Antonio Scarfoglio, jeune journaliste napolitain, parce qu'il a écrit un livre sur son voyage:

Ce voyage s'est effectué à bord d'une voiture d'une autre marque disparue depuis longtemps: une Züst, conçue par l'ingénieur suisse Roberto Züst et fabriqué à Milan dans les usines Brixia Züst. La voiture, datant de 1906, fut spécialement préparée pour la course New York-Paris.

À son bord se trouvaient, sur la photo ci-dessous de g. à dr.; Emilio Sirtori, 26 ans, pilote de course, Antonio Scarfoglio, 21 ans, journaliste pour le Mattino et le London Daily Mail, et Heinrich Haaga, 22 ans, mécanicien.

Les voici au départ de New York, le 12 février 1908 (devant: Sirtori et Haaga, derrière Arthur Ruland (représentant de Züst aux USA) et Scarfoglio.

On connaît l'histoire: la Protos arriva à Paris quelques jours avant la Thomas Flyer. Pénalisés pour avoir pris le train entre Ogden et Seattle, les Allemands perdirent leur première place au profit des Américains. Loin derrière, de New York jusqu'à Paris, où ils arrivaient des semaines après les autres, il y avait la jeune équipe italienne. Mais comme les autres, ils avaient vaincu la neige et le froid, la pluie et la boue, la chaleur et la poussière, ainsi que les multiples pannes techniques. Ce qui arriva à la voiture après reste un peu mystérieux. Toujours est-il qu'en 1980 (un anagramme de 1908 !), un couple canadien, Harry et Shirley Blackstaff, achète l'épave d'une Züst à Buck Rogers à Vancouver. Par recoupement entre des détails de la voiture et les réparations effectuées par Haaga et décrites par Scarfoglio, il apparaît bientôt qu'ils ont acheté LA Züst de la course New York-Paris! Il leur faut des année de travail acharnée pour restaurer le véhicule mythique. C'est avec eux qu'on a rendez-vous aujourd'hui dans leur propiété de Ladysmith...

Jaap et moi sommes accueillis chaleureusement. Harry est même disposé à descendre la Züst de sa remorque, pour que nous puissions faire des photos de la Züst avec “La Petite”. Voici la voiture italienne dans les neiges du Nord-Esdt américain en 1908:

Et voici le véhicule restauré avec notre “Petite”. La Züst était la dernière voiture à réussir un New York-Paris. Autant que nous sachions, depuis 102 ans, personne n'a plus accompli ce trajet par la route. Serons-nous les premiers à réussir le défi, ou allons nous sombrer en cours de route, comme toutes les autres voitures françaises: la Sizaire-Naudin, la Motobloc et la De Dion-Bouton? Seul lavenir nous le dira!

Sous le regard bienveillant de Harry, qui porte un manteau de fourrure analogue à ceux portés par les Italiens, Jaap et moi prenons place à bord de la Züst. Mes mains sur le volant en bois, j'ai du mal à imginer ce qu'ont dû être les conditions du voyage, exposé aux éléments en permanence. La Züst des Blackstaff date de 1906. La 4CV, conçue en 1946 est déjà bien plus confortable!

Quand on compare la photo de la Züst, couverte de boue et de poussière, arrivant à Ely:

avec son état d'aujourd'hui, on se rend compte du travail énorme effectué par Harry et Shirley.

Parmi les détails, il y a cette plaque d'immatriculation, en cuir, identique à celle du départ d'il y a un siècle!

Je décide de faire quelques photos “aériennes” à l'aide de la perche emportée à cet effet:

(Photo: Jaap van Poelgeest)

Voici une vue de la Züst, prise d'en haut:

(Pour d'autres photos, allez sur la section “Images d'autour du Monde” ailleurs sur ce site)

Nous quittons, à regret, ce couple chaleureux et passionné, et leur extraordinaire collection de vieilles voitures, motos, machines à vapeur... un véritable musée! Sur le chemin de retour vers notre bungalow à Malahat, nous faisons un petit arrêt à Chemainus, connu pour ses fresques murales, comme celle montrant l'arrivée du premier navire européen sur cette côte peuplée d'Indiens:

Ou ces deux autres, où “La Petite” semble s'intégrer parfaitement dans la scène:

Une belle journée, qui se termine avec un verre de vin blanc local sur notre terrasse, et un dîner bien arrosé dans le restaurant du coin.





On change de pays! (mardi 31 août 2010 - 129 km)
Modifié le 01/09/2010 à 20:14:10


Nous quittons Jeanne, qui nous a materné pendant deux jours. C'est sous la pluie que nous nous dirigeons vers le Nord de Whidbey Island, au petit port d'Anacortes, d'où nous prendrons le bac pour Sydney, sur l'île de Vancouver, Colombie Britannique, Canada. Sur le parking du ferry, dans les files d'attente, il y a un de ces camping cars gigantesques comme nous avons pu en apercevoir des centaines sur les routes, avec une voiture, également de taille considérable, en remorque. Au cas où, comme un bateau de secours sur le pont du Titanic?

Ce camping car-ci a cela de spécial, qu'il a été construit sur la base d'un Kenworth, un de ces camions goliaths de la route. Et tout cet ensemble énorme pour transporter en vacances... un couple de retraités et leurs deux petits chiens. «En attendant le ferry, je vais les promener», me dit la dame. Je ne peux m'empêcher de penser que les chiens auraient pu faire un marathon en faisant un aller-retour dans le camping car...

Nous voilà bientôt sur le ferry. Jaap porte de façon très élégante le petit sac isotherme dans lequel Jeanne nous a mis des sandwichs.

Dans le port, à côté du navire, une famille de cormorans.

La navigation, qui dure deux heures et demie, mène par l'archipel de San Juan, sans doute très beau, mais avec la pluie qui tombe, nous n'apercevons que vaguement les îles et pas du tout les orques et autres baleines qui doivent nager dans les parages,,,

Devant cette vue tristounette, je m'inspire des gouttes de pluie sur la vitre du bateau:

(Photo: Jaap van Poelgeest)

avec le résultat suivant (même s'il est vrai que j'aurais pu faire la même photo à la maison!)

Le passage à la douane canadienne n'est qu'une simple formalité, qui prend cinq minutes à peine. N'ayant ni armes, ni drogues, ni grosses sommes d'argent à déclarer, “La Petite” entre sans autres formalités, les passagers reçoivent un beau tampon dans leurs passeports, et nous voilà sur l'île de Vancouver. Daniel, notre fidèle oxfordien enfermé dans le petit GPS, nous guide sans faillir vers “le raccourci le plus joli de l'île”.

Nous y arrivons par une petite rue latérale et avançons en toute innocence sur la jetée en bois. Plus haut dans la rue, il y a une file d'attente, que nous n'avions même pas vue. Un type s'avance vers nous, très remonté, parce que nous avons “grillé la file”. Il n'a pas tout à fait tort, mais on n'a pas fait exprès... Et il est très désagréable. Après l'avoir remercié pour son accueil généreux réservé à des visiteurs de son pays, nous dégageons et déguerpissons, pour faire un détour de 30 km, très joli par ailleurs. Nous arrivons à Malahat, où nous louons un petit bungalow avec vue sur un magnifique fjord. Un voisin, le viticulteur Guy Lorne Tomalty, est venu voir “La Petite”. Spontanément, il nous offre une bouteille de son Pinot Noir. Ah! Il y a aussi des Canadiens accueillants!





Les ennuis commencent... (lundi 30 août 2010 - 23 km)
Modifié le 31/08/2010 à 16:55:22


Nous avons voulu profiter de notre séjour à Whidbey Island pour faire faire une révision à “La Petite”. Car après 10.500 km de bons et loyaux services, elle avait bien le droit d'être un peu dorlotée... Jeanne, qui connaît un peu tout le monde ici, nous a trouvé un bon garage: Jack's Auto Repair. On nous confie à Ron, un mécanicien chevronné.

(Photo: Jaap van Poelgeest)

Je lui passe le cahier de charges: réglage des culbuteurs, de l'avance à l'allumage, du carburateur. Vérification du serrage des boulons de culasse. Vidange d'huile. Vérification des freins arrière, du jeu dans la direction. On m'annonce un montant. Salé. Si c'est bien fait, OK. Je repars avec Jeanne. On attend le coup de fil du garage. À 3h on peut venir la chercher. Ron m'annonce que tout est fait. Puis il me distille les mauvaises nouvelles: (1) Il y a une déchirure dans la tubulure d'échappement, au niveau où s'attache le tuyau, (2) l'injecteur d'accélération du carburateur fonctionne mal - d'où des ratés à la reprise et (3) les freins AR ne peuvent pas être réglés mieux, donc il faudra que j'apprenne à vivre sans frein à main. Pour le dernier point, je ne comprends pas: les tambours et les mâchoires sont neufs. J'avais eu le même ennui lors du Paris-Gobi. Mais bon, il n'y a rien à faire... J'inspecte la tubulure. C'est grave. Il faut absolument souder. «Nous n'avons plus le temps aujourd'hui. Il faudra revenir demain...» Mais on avait prévu de prendre le ferry pour le Canada aujourd'hui, ce qui est déjà impossible, donc on voudrait bien partir demain tôt. Je propose de démonter et remonter la tubulure moi-même, ils n'auront qu'à souder... «D'accord, mais faites vite!» Me voilà plongé sous “La Petite”, les boulons de fixation du tuyau d'échappement étant très difficiles à atteindre...

(Photo: Jaap van Poelgeest)

Bientôt, tubulure, tuyau et pot d'échappement sont démontés.

(Photo: Jaap van Poelgeest)

Nous constatons alors que la patte de fixation du pot, renforcée au Luxembourg, a complètement disparu! Tout ne tenait que par la fixation à la tubulure, qui a fini par craquer... Il aurait fallu refaire une patte, mais c'est un processus qui prend du temps, et on est près de l'heure de fermeture. Tant pis! Je fixerai avec du fil de fer... Jack, le patron, ressoude juste la tubulure.

(Photo: Jaap van Poelgeest)

La connection entre tubulure et tuyau se fait toujours mal: il y a une petite fuite. Il faudra que je trouve quelqu'un pour me fabriquer un bon joint en cuivre. Reste le problème du carburateur Solex 32 PBIC... J'en ai deux. Le premier fuyait dangereusement sur la tubulure d'échappement par l'axe de l'accélérateur. Je l'avais remplacé par le deuxième, qui a donc des ennuis de reprise. Je décide d'essayer de remplacer la partie défaillante du deuxième par celle du premier. Bricolage pénible sur le parking désert d'un garage fermé, avec le soleil qui descend vers l'horizon.

(Photo: Jaap van Poelgeest)

J'ai du mal à remonter le tout, mais finalement l'ensemble marche de nouveau... sauf que la pompe d'accélération ne fonctionne toujours pas! Il me faudrait trouver un autre carburateur. Ça ne va pas être facile! Nous reprendrons donc la route demain, direction Canada, avec une voiture qui cahote aux reprises, dont l'échappement fuit un peu et qui n'a pas de frein à main. Une chose est certaine: ce n'est que le début des ennuis. Il y en aura d'autres! Mais parmi les mascottes et autres porte-bonheur qui ornent la voiture, il y a celui que Jaap m'a apporté, un message glissé derrière le pare-brise:

(Photo: Jaap van Poelgeest)

On essaiera donc de garder notre calme et de poursuivre sereinement la route!





Whidbey Island (dimanche 29 août 2010 - 67 km)
Modifié le 30/08/2010 à 23:12:30


Tessa Gavin, la fille de Jeanne Wilson, nous emmène faire un tour de l'île, Jaap dans la 4x4 Ford de Tessa, moi derrière dans “La Petite”. Notre premier arrêt était à la jetée de Coupeville, datant de 1905.

Oak Harbor sur Whidbey Island a été peuplé par des paysans néerlandais depuis 1890. Dans l'annuaire téléphonique, on trouve des noms comme Abrahamse, Bakker, Beeksma, De Jong... Zylstra. Bientôt, il y aura des élections. Un dénommé Akers est candidat pour le poste de sénateur, un certain John Koster pour devenir membre du Congrès. Et une Debra Van Pelt est affichée pour devenir “County Clerk”... Pas étonnant, dès lors, avec tout ce passé hollandais, que nous tombons sur une boutique appelé “un peu de Hollande”...

Ensuite, nous nous sommes rendus à l'Admiralty Lighthouse à Fort Casey, un phare construit en 1903.

Au Nord de l'île, nous admirons le pont vieux de 75 ans qui enjambe le bras de mer de Deception Pass, un bras de mer.

À cause des fortes marées et de l'étroitesse de l'endroit, il s'y développe des courants impressionnants, avec des tourbillons violents.

Dans l'après-midi, Jeanne, veuve d'un officier de l'aéronavale, m'emmène à la base de Naval Air Station Whidbey Island, centre d'attaque électronique

avec une flotte importante de Boeing EA-18G Growler,

et le désormais obsolète Northrop Grumman EA-6B Prowler, qui est graduellement remplacé par le Growler.

La tache de ces avions est de perturber les communications ennemies. En attendant, “La Petite” n'étant pas reconnue comme véhicule ennemi, nous recevons l'autorisation de circuler sur la base. Le soir, nous dînons avec Jeanne et sa famille.




Réalisation: