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Paris - Pékin: Pourquoi ce voyage?
Parce que c’est plus fort que moi, sans doute... Parce que la Terre est ronde et que, depuis trois ans j’ai tracé mon sillon nord-sud sur le Méridien de Greenwich (le “zéro” des cartes géographiques) et qu’il est temps, maintenant d’arpenter le globe dans le sens ouest-est. Parce que je rêve de ramener de belles images de la Terre, comme j’en ai ramené depuis une trentaine d’années de la Mer. Parce que j’aime découvrir les paysages nouveaux et que derrière l’horizon il y en a d’autres... Parce que, seul, avec une petite voiture ancienne inconnue de la plupart des gens (certainement dans les pays traversés) je suscite la curiosité, ce qui facilitera les rencontres. Et que rien n’est plus gratifiant que de lier des amitiés, même éphémères, avec des inconnus. Parce que je veux voir comment ils vivent, ces allemands, polonais, ukrainiens, russes, mongols et chinois que je trouverai sur mon chemin. Que j’ai envie de raconter leur vie au quotidien, en texte et en images. Pour montrer à ceux qui sont restés ici que le bonheur n’est pas forcément dans la richesse matérielle. Pour voir, et montrer, une vie plus authentique, semblable à celle que nous avons laissé derrière nous depuis trop longtemps. Parce que je veux montrer, à ceux qui en doutent, qu’à soixante ans, on n’est pas forcément “foutu”, qu’on peut encore avoir des rêves et même les réaliser, Avec un petit brin d’inconscience qui, justement, est signe de jeunesse. Parce que, malgré tout, c’est une sacrée aventure. Oui, c’est plus fort que moi, sans doute...
2007 marque également le centenaire du premier raid Pékin-Paris (le défi lancé en 1907 par le journal « Le Matin » avait d’abord prévu le challenge dans le sens Paris-Pékin). À l’époque, il y avait plusieurs rivaux : une équipe italienne avec une Itala de 40 CV, une équipe française avec une Spyker de 15CV, deux De Dion-Bouton et un tricycle Contal. C’est le comte italien Scipione Borghese qui avait remporté ce qui était vite devenu un véritable rallye... Ce centenaire ne passera pas inaperçu. Récemment, Mercedes a envoyé une armada de 33 voitures de sa série « E » de Paris à Pékin et un organisateur de rallyes anglais a mis sur pied « The Peking to Paris Motor Challenge » pour 2007. Il s’agit là d’un grand spectacle, auquel se sont inscrit plus de 130 équipes (dont seulement 3 françaises), avec des voitures allant d’une Mercedes Benz de 1903 à une Aston Martin de 1969 (mais aucune Renault !). Ils partiront de Pékin le 27 mai 2007 pour arriver à Paris le 30 juin : une moyenne de 450 km par jour ! Autant dire qu’ils ne verront pas grand-chose du paysage et encore moins des habitants des pays traversés. Mon projet de voyage est tout autre. Je serai seul. Je prendrai mon temps, avec une moyenne de seulement 200 km par jour. J’irai à la rencontre des habitants.
Une voiture, des sponsors
La Renault “4CV” est née en 1946, comme moi. Signe prémonitoire ? C’est la première voiture populaire française, symbole de la reconstruction après-guerre, des premiers congés payés, de la route des vacances. J’ai déjà chanté ses louanges et évoqué la nostalgie qui s’attache à cette petite voiture, dans deux carnets de route : « La Nationale 7 en 4 CV » et « En 4 CV dans les Alpes ». Elle a une calandre souriante et des fesses bien rondes, mais à part cela, rien ne prédispose cette petite voiture à un raid à travers deux continents... Avec son petit moteur de 750 cm3 à l’arrière et son petit garde au sol, elle n’est pas faite, à priori, pour affronter des routes difficiles. Mais elle sera bien préparée : toute une équipe de bénévoles autour de la revue « Gazoline », animée par Jean-Jacques Dupuis, la bichonne pour qu'elle puisse affronter les pires épreuves. Ils adapteront le véhicule et vérifieront chaque boulon et chaque courroie avant que je prenne la route ! Le magazine « Gazoline » couvrira également mon aventure depuis les préparatifs à Paris jusqu’à l’arrivée à Pékin. Une équipe de sponsors grandissante se mobilise derrière le projet: Gazoline - Pixel Press Studios (Jean-Jacques Dupuis) Melun Rétro Passion, Melun France (Denis Mahaud) Uni Credit International Bank, Luxembourg (Giovanni Giallombardo) CBC, Luxembourg (Germain Jung) Michelin, Clermond-Ferrand, France (Françoise Longley et Bruno Coué) Dynolite, fournisseur de l'huile moteur et boîte (Laurent Dutoya) Multic, allumage électronique (Armel Le Gourrierec) B2H (Patrick) Rectification 2000, moteur (Patrick Millet) Aprotec, pistons Record, amortisseurs Green Filter, filtres à air (Alain Brasseur) Assurances le Foyer (Xavier Linder, Valérie Sayrignac, Charles Wiltgen) Voyages Émile Weber (Roly et Fernand Heinisch, Guy Schmit, Émile Weber) KAPshop (Peter Bults)
L’itinéraire
Pour des raisons diverses, mon choix s’est porté sur la route la plus nordique. Le voyage aura lieu en trois étapes. 1ère étape, été 2007 Départ de Paris, base de ma logistique, puis de Luxembourg, pays de résidence et d’immatriculation du véhicule. France, Luxembourg, Allemagne, Pologne, Ukraine et Russie. Après un détour par la Mer Noire et la Crimée, je rejoins le Transsibérien à Yekaterinbourg, que je longerai jusqu’à Irkoutsk, où la 4 CV sera mise au repos... provisoire. 2ème étape, Paques 2008 C’est l’hiver sibérien. Nous allons nous aventurer sur les glaces du Lac Baïkal, le lac le plus grand (20% de toute l'eau douce de la planète!), le plus profond (1637 m) et le plus ancien (25 millions d'années) du monde. Je plongerai sous la glace pour y observer les étranges gammaridés géants uniques au lac. D’Irkutsk, nous rallierons l’île d’Olkhon et de là nous poursuivrons la “route” sur les étendues gelées du lac. 600 km jusqu’à Sévérobaïkalsk et retour jusqu’à Irkutsk, toujours sur la glace... 3ème étape, été 2008 D’Irkoutsk, nous entamons le dernier tronçon de Sibérie, avant de nous enfoncer dans les steppes mongoles. Ce sera probablement l’étape la plus difficile, les pistes aux confins du Gobi sont redoutables. Puis ce sera la Chine et Pékin, au moment même de l'ouverture des Jeux Olympiques. |
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Réalisation:
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